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Devenir travailleur autonome en coiffure, les choses à savoir!

Pour ceux qui suivent régulièrement mes publications vous avez su que j’ai eu un belle opportunité de travail.

Pour ceux qui découvrent mes publications, rapide résumé : j’ai travaillé 3 semaines à salaire juste quelques jours après mon arrivée puis j’ai eu l’opportunité de travailler pour moi dans un salon en location de chaise avec le statut de travailleur autonome ( équivalent du statut d’auto-entrepreneur). Pas de papier à faire du moment où on est en son propre nom.

Je sais que mon article est très ciblé, j’espère qu’il vous intéressera quand même 😊.

Après 6 mois d’activité (interrompue par le confinement), voici les choses que l’on doit absolument avoir en tête quand on se lance. Je n’ai pas encore beaucoup de recul me direz-vous, je vous répondrais que heureusement que j’avais des économies de côté pour sauter sur cette occasion… si mon expérience peut aider, voici ce que j’aurais aimé savoir.

1) Le budget de départ.

Les photos sont toute de Pixabay

Pour lancer son business en travailleur autonome mais aussi pour travailler à salaire, il est évident qu’il faut du matériel. Les seules affaires que j’avais amener dans ma valise étaient mes ciseaux, les brosses et ma tondeuse ( avec un adaptateur ça fonctionne parfaitement). Comme dans beaucoup de salon en France, le matériel c’est personnel. J’ai donc acheté un sèche cheveux, un lisseur, un boucleur ainsi que du petit matériel (pinces, gants, aluminium…)

Investissement matériel : 500-800$

Ensuite il faut constituer un stock de produits techniques : oxydants, colorants, décolorants… selon les termes du contrat que l’on a avec le propriétaire du salon les produits du bac à shampooing sont inclus (ou non) dans la loyer à payer. Si, cela n’est pas inclus, c’est à ajouter au budget. Il fait aussi penser au produit de coiffages. Ça ne sert à rien d’avoir trop de stock non plus (c’est de l’argent qui dort). J’ai fait le choix d’avoir une gamme courte au départ :

  • Les naturels toutes les nuances , 2 tubes par référence.
  • les dorés, cuivrés et marrons, 2 nuances de chaque et 1 tube par nuance.
  • Les toners (pour nuancer les blonds), 2 nuances qui s’adaptent à chaque cas de neutralisation, 1 tube par nuance.
  • Les oxydants 10 et 20 vol en gallons, 30vol et révélateur 6vol en litre.
  • 2 pots de poudre décolorante performante.
  • Une laque, une cire et un spray démêlant.

J’ai la chance d’avoir des grossistes pas trop loin de la maison ou du salon ce qui m’a permis de ne pas acheter la totalité des références et d’ajuster mes achats en fonction de la demande que j’ai.

Investissement produits : 1500$ (en fonction des marques ça peut être plus ou moins)

Il faut aussi prendre une assurance professionnelle. Même si le salon dans lequel vous travaillez est assuré. Ça couvre votre matériel et stock en cas de vol ou incendie mais aussi si un client se blesse ou fait une allergie. Il faut compter 480$ par an environ.

Ce qui m’a fait un investissement total de 2500-3000$ pour démarrer. il faudra anticiper aussi le premier loyer.

2) le choix du salon

Le choix de la place est primordial!

Je le répète une fois de plus, j’ai eu de la chance avec l’occasion en or qui m’est tombée cuite dans la bec! Ça ne peut pas être le cas pour tous le monde.

J’y suis allée car le salon refusait un certain nombre de nouveaux clients par semaine, c’est un signe que le salon attire et roule! Étant nouvelle arrivante, je n’avais pas un réseau d’ami suffisant pour m’assurer une clientèle de base ( c’est le cas pour tous les coiffeurs qui débarquent hein). Pour se rendre compte de la fréquentation d’un salon, on peut regarder la page facebook (avis, nombres de personnes qui suivent, nombre de publications…). L’environnement du salon est à regarder aussi (stationnements, concurrents à proximité…). On peut aussi passer à plusieurs moments de la journée ou tout simplement entrer pour prendre des renseignements. 🙂

Les loyers de chaise moyens oscillent entre 500 et 700$ par mois mais ça peut monter à plus de 1000$ dans les grande ville! Comme dit plus haut, il se peut que le loyer n’inclut pas les shampoings et produits de soins au bac, il faut demander le détail inclus dans ce prix. Certain salon demande un loyer à la semaine, attention de faire le calcul au mois (voir à l’année) pour bien ce rendre compte et comparer les propositions qu’on vous fait.

Dans certains salon, le loyer comprend les produits techniques. L’avantage, on a pas besoin de constituer un stock. Les inconvénients, on ne peut pas choisir la marque et il y a souvent des commissions sur les produits utilisés. Ne travaillant pas avec ce système, je n’ai pas plus d’informations que ça sur le sujet.

3) se faire connaître

Une fois votre lieu de travail choisi, il va falloir donner de son temps, de sa patience et de son énergie pour ce faire connaître au plus vite.

  • Passer du temps au salon même si on a pas/peu de rdv. Ça permet de discuter avec les collègues pour les connaître, avec leur clients qui, si le courant passe, pourront vous référer auprès de leur amis. Attention toutefois ne pas donner l’impression de recruter ces clients pour votre clientèle, cela pourrait vous attirer des problèmes et plomber l’ambiance de l’équipe. Ça peut paraître bête mais je tiens à le souligner car certain contrat de location le stipule et cela peut entrainer des sanctions bien évidemment.
  • Faire faire des flyers avec des offres de bienvenues et les distribuer dans les quartiers autour du salon ( vistaprint c’est parfait pour ça, livraison rapide et un budget de 20 à 50$ selon les promos). Parking de supermarchés, boites au lettres, panneaux d’affichage… il faut cibler au plus proche de votre lieu de travail.
  • Être à l’affût des pages facebook d’annonce (market place, kijiji…), certaine personne cherche des recommandations de salon, j’ai eu des bons retours sur cette méthode aussi. j’y publie mes disponibilités, mes promos ect…
  • Être visible sur la page facebook du salon que vous intégrer en proposant de publier des photos de vos créations. Les gens aiment savoir à quoi ressemble notre coup de ciseaux.

Quand les clients vont commencer à venir, il faut les satisfaire sur le long terme. Gardez en tête que un client satisfait parle de vous à 5-10 personnes, un client mécontent en fera tout autant… je pense sincèrement que le relationnel est aussi important que le savoir-faire.

Petit plus, toujours avoir des cartes d’affaires du salon ou on travaille avec notre prénom, très utile en soirée quand on commence a se faire un nouveau réseau social.

4) Bien anticiper

Dès le départ il faut anticiper en créant une provision pour les impôts. Tellement de travailleurs autonomes se retrouvent coincés parce qu’ils n’ont pas prévu suffisamment pour payer leur impôts! On m’a conseillé de mettre 30% de mes entrées de côté pour ça. Je le fait tous les soirs, en fin de semaine je sais donc combien j’ai gagné en réalité pour payer mes charges personnelles. Et oui, l’argent que l’on rentre n’est pas complètement à nous en réalité!

Il faut savoir aussi que en dessous de 30 000$ de chiffre d’affaire par an (pas en année civil mais à contrôler en trimestre), on ne collecte pas les taxes. Au delà, il faut adapter ces prix pour charger ces taxes aux clients (environ 15% au Québec) et je crois que il faut s’inscrire pour les déclarer (ce point n’est pas encore très clair pour moi).

Dans tous les cas, ça prend un minimum de comptabilité simple pour savoir où on en est : entrée – impôts – dépenses liées à l’activité = gain réel.

Sont considérées comme dépenses professionnelles par les comptables : achats de produits, de matériel, papeterie, assurances, honoraires de comptable, publicité et formations professionnelles. Et non, les trajets pour ce rendre au travail n’en font pas partie, ni les repas livrés sur place.

Il faut être conscient que les premiers mois ne vont pas être suffisantes pour couvrir les dépenses personnelles telles que le loyer habitation, assurance maison, auto, essence, épicerie… D’où l’importance d’avoir un minimum d’économie de côté pour tout ça et de pas être trop dépensier quelques temps.

5) être raisonnable dans la fixation des prix.

Les prix sont bien évidemment laisser à la discrétion chaque coiffeurs. Il faut réussir à trouver l’équilibre juste entre nos besoins, notre expérience mais aussi la clientèle du salon.

Il ne faut pas hésiter à demander conseils au propriétaire du salon ou aux collègues avec qui on travaille pour avoir une idée du marché et ne pas être hors sujet.

Personnellement, je me suis alignée avec mes collègues car cela correspondait avec mes besoins et ma vision.

Il faut identifier les charges fixes (loyers, assurances) et les charges variables ( produits, publicité…) pour calculer le seuil de rentabilité, c’est la somme à partir de laquelle on commence à être rentable. Voici comment le calculer.

calcul 1 : La marge sur coût variable = Chiffre d’affaire previsionnel (CA) – charges variables

calcul 2 : Taux de marge sur coût variable = Marge (obtenue en calcul1) / CA

calcul 3 : Le seuil de rentabilité = coûts fixes / taux de marge sur coût variable (obtenu en calcul2)

Ce calcul peut être effectué sur une année mais j’ai préféré le faire au mois pour être avec des chiffres qui collent plus a la réalité immediate de mon activité.

Ce n’est peut être pas le calcul le plus simple ou le mieux adapté, je ne suis pas une spécialiste la dedans mes cours de gestion sont déjà bien loin ;). En tous cas, il permet de se rassurer et de voir ou l’on va avec un tel projet.

6) Le bilan :

Après 7 mois de présence chez Rustica le bilan est très positif! Malgré la fermeture de deux mois liée au covid-19, je suis vraiment contente d’avoir sauté le pas et d’être devenue travailleur autonome. En moyenne, cela prend un a deux ans pour avoir une belle clientele, il faut vraiment être present et mettre beaucoup d’énergie pour se faire connaitre. Il ne faut pas hésiter aussi a participer a des évènements bénévoles (journée de la Femme, récolte de fond…), malheureusement j’en avais un en avril et il a été annulé avec les raisons que vous connaissez. Ce que j’aime le plus dans cette experience ? La liberté! Certes, on a un engagement avec le salon mais c’est tellement plus léger que le liens que l’on a avec un employeur (attention, j’adore mes anciennes patronnes Française). Etre libre de choisir mes horaires, les produits avec lesquels je travaille, choisir les formations qui m’intéresse, je travaille plus qu’en France mais j’ai pas la sensation d’être étouffée car j’ai le choix et pour la confiance en soi, c’est un booster énorme. Je pensais sincèrement que je n’étais pas encore prête pour être ma propre patronne meme avec 10 ans d’experience en tant que salariée, finalement que la seule chose qui me manquais c’étais le coup de pied aux fesses de la vie! Rien n’arrive pour rien!

Si je devais choisir qutre mots pour la réussite dans ce projet : Flexibilité, Courage, Créativité et Passion.

J’espère que cet article sera utile pour tous le monde malgré qu’il soit très tourné sur mon métier. N’hésitez pas a le partager et a me laisser des commentaires si vous avez des questions, je pourrais peut être vous aider!

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